Les bandes originales synthétiques au cinéma

Un des compositeurs les plus brillants de l�poque �tait �videmment John Barry, qui alliait � la perfection influences modernes et parfaite ma�trise du classicisme.
Sur Ia musique novatrice et m�morable du James Bond Au service secret de sa majest� (1969), John Barry int�gre un instrument tr�s en vogue dans le rock psych�d�lique : le synth�tiseur Moog, instrument (ainsi que son anc�tre, le mellotron) qui fait Ie bonheur des groupes du Swinging London qui s�en donnent � c�ur joie avec les sonorit�s modernes de linstrument dont les effluves font imm�diatement d�coller les atmosph�res opiac�es au LSD et aux acides. Au d�but des ann�es 70, lusage du synth�tiseur Moog se d�mocratise encore plus, entre les compositeurs de films novateurs comme Fran�ois de Roubaix et les champions du rock progressif que sont Emerson Lake and Palmer ou les c�l�bres Pink Floyd. Ces derniers, en signant la musique du film de Barbet Schroeder More (1969), ent�rinent d�finitivement le lien entre rock et cin�ma, puisquon �chappe au domaine de la chanson ajout�e. Cest lexplosion du post-punk et de la new wave, dont il est le pivot � la fin des ann�es 70, qui int�gre pour de bon le synth�tiseur � la musique du film.
L�heure est � la modernit� et parall�lement au retour du tout symphonique amorc� par les scores de Star Wars (1977) et Superman (1978) de John Williams, des artistes inattendus se trouvent d�sormais choisis par les r�alisateurs en vue. Les Allemands de Tangerine Dream, issus du rock progressif, lancent le mouvement avec le chef-d��uvre de William Friedkin, Le Convoi de Ia Peur (Sorcerer, 1977). Le c�l�bre producteur disco Giorgio Moroder obtient quant � lui lOscar (au nez et � la barbe dEnnio Morricone pour Les Moissons du Ciel) avec lent�tant score de Midnight Express (L978). Ces deux artistes abonn�s aux productions de prestige feront bient�t bien mieux.
Moroder (avant de tomber dans le racoleur efficace sur Top Gun, Scarface et Flashdance) d�livre une �uvre exceptionnelle avec le score de La F�line (1982) pour Paul Schrader. Pulsations synth�tiques envo�tantes, tout � la fois accrocheuses (la chanson de David Bowie r�cemment r�utilis�e par Quentin Tarantino dans son lnglourious Basterds) et atmosph�riques qui parviennent parfaitement � capter la sensualit� v�n�neuse du film. Tangerine Dream offrent deux �uvres de haute vol�e � Michael Mann pour Le Solitaire (1981) et La Forteresse Noire (1983). Pour le premier synth�tiseur planant et guitares agressives contribuent � la tonalit� in�dite instaur�e dans le polar urbain par Michael Mann.
Moroder (avant de tomber dans le racoleur efficace sur Top Gun, Scarface et Flashdance) d�livre une �uvre exceptionnelle avec le score de La F�line (1982) pour Paul Schrader. Pulsations synth�tiques envo�tantes, tout � la fois accrocheuses (la chanson de David Bowie r�cemment r�utilis�e par Quentin Tarantino dans son lnglourious Basterds) et atmosph�riques qui parviennent parfaitement � capter la sensualit� v�n�neuse du film. Tangerine Dream offrent deux �uvres de haute vol�e � Michael Mann pour Le Solitaire (1981) et La Forteresse Noire (1983). Pour le premier synth�tiseur planant et guitares agressives contribuent � la tonalit� in�dite instaur�e dans le polar urbain par Michael Mann.
Quant au second, il transcende totalement les lacunes du film (coupes, effets sp�ciaux d�suets m�me pour l�poque) en instaurant le myst�re et lambiguit� que Ies coupes de ce film maudit ont un peu att�nu�s. Parall�lement, les compositeurs plus classiques tentent aussi laventure, tel Jerry Goldsmith qui int�gre de plus en plus le synth�tiseur � ses scores des 80s, notamment sur Rambo 2 : La Mission(1985) et Rambo 3 (1988). Plus surprenant encore la musique du � Peckinpanien � Extr�me Pr�judice (1987) de Walter Hill dont lambiance n�o western se voit offrir un contrepoint sonore surprenant car enti�rement synth�tique.
� linstar du Queen de Flash Gordon (1980), les groupes rock mastodontes du moment tentent aussi laventure. Les champions du rock FM Toto signent ainsi une grande r�ussite avec Dune (1984), croisant musique symphonique, synth�tiseur et guitares rock pour un r�sultat �pique, romanesque et hypnotique rehauss� par un fabuleux morceau de Brian Eno. Le synth�tiseur, cest aussi la solution id�ale pour les productions modestes qui souhaitent doter leur image dune musique � la hauteur bien que d�nu�es de grand orchestre.
Brad Fiedel signe un score martial, h�ro�que et romantique inoubliable pour le Terminator (1984) de James Cameron. Pour rester dans la sph�re � cameronienne �, Tangerine Dream - encore eux - contribueront ainsi grandement � la r�ussite dAux fronti�res de l�aube (1987) de Kathryn Bigelow. Mariant sonorit� western et guitares s�ches pour le cadre du r�cit et sonorit�s froides et troublantes pour lincursion d�routante du fantastique dans celui-ci, le r�sultat est fabuleux. George Romero en sait �galement quelque chose puisque, entre les Gobelin pour Zombie (1978) et surtout John Harrison dans Le Jour des morts-vivants (1985), il aura largement recours � des adeptes de linstrument pour mettre en musique ces films.
� linstar du Queen de Flash Gordon (1980), les groupes rock mastodontes du moment tentent aussi laventure. Les champions du rock FM Toto signent ainsi une grande r�ussite avec Dune (1984), croisant musique symphonique, synth�tiseur et guitares rock pour un r�sultat �pique, romanesque et hypnotique rehauss� par un fabuleux morceau de Brian Eno. Le synth�tiseur, cest aussi la solution id�ale pour les productions modestes qui souhaitent doter leur image dune musique � la hauteur bien que d�nu�es de grand orchestre.
Brad Fiedel signe un score martial, h�ro�que et romantique inoubliable pour le Terminator (1984) de James Cameron. Pour rester dans la sph�re � cameronienne �, Tangerine Dream - encore eux - contribueront ainsi grandement � la r�ussite dAux fronti�res de l�aube (1987) de Kathryn Bigelow. Mariant sonorit� western et guitares s�ches pour le cadre du r�cit et sonorit�s froides et troublantes pour lincursion d�routante du fantastique dans celui-ci, le r�sultat est fabuleux. George Romero en sait �galement quelque chose puisque, entre les Gobelin pour Zombie (1978) et surtout John Harrison dans Le Jour des morts-vivants (1985), il aura largement recours � des adeptes de linstrument pour mettre en musique ces films.
John Carpenter est bien �videmment le ma�tre en la mati�re, cumulant les talents en r�alisant et composant ses bandes originales. Au d�part lui aussi confront� � ses budgets restreint, Carpenter en fait une force en conf�rant une identit� unique � ses films dont la s�cheresse et la pr�cision de la mise en sc�ne se conjugue au minimalisme ent�tant de ses compositions. Le main theme mena�ant et glacial de Assaut(1976), le groove martial et la dimension h�ro�que de New York 1997 (1980), l�alliance du blues traditionnel et des machines de Invasion Los Angeles (1987) ou encore l�agressivit� rock de L�Antre de la folie (1993), tout cela aura constitu� un enrobage id�al aux �uvres les plus cultes du r�alisateur.
Cette identit� sonore est d�ailleurs si marqu�e que m�me lorsqu�il fera appel au grand Ennio Morricone pour The Thing(1982), Carpenter le forcera � donner dans ce m�me minimalisme glacial (les compositions plus virtuoses et charg�es de notes non utilis�es dans le film se trouvent sur le disque et un Tarantino s�en donnera � c�ur joie en les r�utilisant � bon escient dans Les Huit Salopards (2016)). M�me chose avec Jack Nitzsche loin de son classicisme sur un Starman (1985) aux m�lop�es romanesques inond�es de nappes de claviers. Sans le savoir John Carpenter s�av�rait un pr�curseur et une influence majeure de la musique �lectronique et du hip hop, une aura qui lui permettra une seconde carri�re musicale avec deux albums et un r�cent et triomphal concert au Grand Rex en France.
Le style sestompe dans les 90s et les artistes �lectro ne reprirent pas totalement le relais, � lexception de quelques tentatives, comme Thomas Bangalter de Daft Punk (dont le hit Da Funk est largement inspir� du � main theme � de Giorgio Moroder pour Midnight Express) avec Irr�versible (2002) ou encore Massive Attack sur Danny The Dog (2005). Alors m�me que peu de bandes originales se reposent uniquement sur lui, le synth�tiseur fait d�finitivement partie des instruments pl�biscit�s par les compositeurs pour le meilleur (le spleen introspectif de Heat (1995) de Michael Mann par Elliot Goldenthal, �paul� par un m�morable morceau de Moby) et pour le pire comme sur Titanic (1997) o� James Horner remplace les cordes par des nappes synth�tiques grossi�res.
Avec la nostalgie qui caract�rise les ann�es 2010, ces sonorit�s reviennent cependant en force notamment le score tr�s carpenterien du terrifiant It Follows (2014) ou le remake de Maniac (2012). Le style massif d�un compositeur comme Hans Zimmer popularise un usage plus moderne du synth�tiseur dans les BO de r�ussites comme Inception(2010), et s�av�re une influence sous-jacente d�artistes venus d�autres horizons sollicit�s par Hollywood. Daft Punk aura ainsi sign� une musique particuli�rement brillante pour Tron Legacy (2010) et la grandiloquence du groupe M83 se pr�tera bien aux fabuleuses visions d�Oblivion (2013) de Joseph Kosinski, ce qui ent�rine d�ailleurs l�association entre le synth�tiseur et le cin�ma de genre. La curiosit� est de mise chez le m�lomane et cin�phile quant aux mues futures de cet usage toujours d�tonant du synth�tiseur.
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